jeudi 4 septembre 2014

Election des conseillers départementaux et municipaux : Les électeurs congolais appelés aux urnes le dimanche 28 septembre 2014

Photo : Un bureau de vote à Brazzaville.

Par décret présidentiel n°2014-445 signé à Brazzaville le 25 août 2014, le président de la République, Denis Sassou Nguesso, a convoqué les électeurs congolais, le dimanche 28 septembre 2014, pour élire les conseillers départementaux et municipaux sur toute l’étendue du territoire national.

A la suite de ce décret, le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Raymond Zéphirin Mboulou a fixé, par arrêté, la période d’enregistrement des dossiers de candidature, du 28 août 2014 au 6 septembre 2014, à minuit, tandis que la campagne électorale se déroulera du 12 au 26 septembre 2014, à minuit. En tout cas, pour ce qui concerne les élections locales, le processus d’organisation est lancé, même si les partis politiques font le reproche au gouvernement de faire dans la précipitation.

Les dernières élections locales avaient eu lieu dimanche 29 juin 2008 et les résultats proclamés par le ministre de l’intérieur, le 5 juillet de la même année, largement remportées par le R.m.p (Rassemblement de la majorité présidentielle). L’article 67 de la loi électorale stipule: «Les conseillers locaux sont élus pour une durée de cinq ans au scrutin de liste, à la représentation proportionnelle, sans panachage, ni vote préférentiel. Le vote des conseillers locaux se fait sur une liste des candidats élus au niveau de chaque district ou de chaque arrondissement de façon à assurer une représentation équitable de tous les districts et de tous les arrondissements».

Avec donc un mandat de cinq ans, les élections locales suivantes devaient avoir lieu, au plus tard, le 23 juin 2013. Mais, en raison de la mise en œuvre des recommandations de Dolisie et a probablement, de l’impréparation de ces élections, elles étaient reportées sine die. On a, d’abord, procédé au recensement administratif spécial dont les résultats suscitent, malheureusement, une controverse au sein de la classe politique nationale.

Prévue pour le 15 juillet 2014, les élections locales ont été, finalement, fixées au 28 septembre prochain, en raison du renouvellement partiel du sénat qui doit intervenir avant le 15 octobre prochain. Les dernières élections sénatoriales avaient eu lieu en octobre 2011. L’article 92 de la Constitution du 20 janvier 2002 précise: «La durée du mandat des sénateurs est de six ans. Le sénat est renouvelable tous les trois ans de moitié par tirage au sort». Le prochain scrutin sénatorial concerne, en principe, les départements de la Likouala, de la Cuvette-Ouest, des Plateaux, du Pool, du Niari et de la Lékoumou.

Les prochaines élections locales suscitent, déjà, un engouement certain, particulièrement chez les candidats indépendants. Au niveau des partis politiques, on se prépare pour le dépôt des listes de candidature. Mais certains partis, notamment de l’opposition, se campent dans une attitude critique à l’égard du gouvernement à qui ils reprochent la précipitation et le non-respect des recommandations de Dolisie.

L’enjeu de ces élections locales demeure le taux de participation, sur la base des listes électorales constituées à partir du recensement administratif spécial. En 2008, le taux de participation était faible et le gouvernement l’avait reconnu. Qu’en sera-t-il le 28 septembre? On attende de voir.

Du côté de la majorité présidentielle, les candidatures se faisant par parti politique, contrairement à 2008 où elles étaient présentées sous le label du R.m.p, c’est le P.c.t qui va, assurément, sortir gagnant de ces élections locales, non seulement en raison des moyens mobilisés par ses candidats, mais encore de sa capacité à présenter des listes de candidature dans tous les arrondissements et les districts. Le prochain enjeu sera alors de voir qui sera élu dans les bureaux des différents conseils départementaux et municipaux. Les anciens maires seront-ils reconduits ou remerciés après deux mandats? C’est la grande question que les partis de la majorité vont trancher.

Par Jrang An@go.

mercredi 27 août 2014

Assemblée nationale et sénat : La loi de finances rectificative adoptée avec d’importants amendements

Photo : André Obami-Itou.

Après les députés, qui l’ont fait lors de la 6ème session ordinaire le 11 août dernier, sous les auspices de Justin Koumba, président de l’assemblée nationale, les sénateurs ont adopté, lors de leur 36ème session ordinaire, le 19 août dernier, au palais des congrès, à Brazzaville, sous les auspices d’André Obami-Itou, président du sénat, le budget de l’Etat exercice 2014 réajusté, arrêté par le gouvernement, en recettes, à la somme de 3.932.932.000.000 F. Cfa et, en dépenses, à 3.647.897.000.000 F. Cfa.

C’est le ministre d’Etat Gilbert Ondongo, ministre de l’économie, des finances, du budget, du portefeuille public et de l’intégration, qui a défendu ce projet de loi qui dégage un excédent budgétaire prévisionnel de 285 milliards 35 millions de francs Cfa. Dans les deux chambres, cette loi financière rectificative a été adoptée avec d’importants amendements.

Le collectif budgétaire adopté par le parlement s’inscrit, selon le ministre d’Etat Gilbert Ondongo, dans la poursuite de la mise en œuvre du programme du président de la République, «Le chemin d’avenir» dont les axes prioritaires sont définis et contenus dans le P.n.d (Plan national de développement 2012-2016).Le gouvernement entend ainsi maintenir, poursuit-il, «les efforts d’investissement dans le secteur des infrastructures de base, pour accompagner la diversification de l’économie, afin de créer la richesse et  l’emploi». Les crédits additionnels, d’un montant total de 620 milliards de francs Cfa, qui ont fait l’objet de ce collectif budgétaire serviront, essentiellement, à financer les dépenses en matière d’infrastructures.

Les préoccupations des parlementaires ont porté, essentiellement, sur l’absence des décrets d’avance et arrêtés relatifs aux mouvements budgétaires non prévus dans la loi de finances initiale; les dispositions prises par le gouvernement pour résoudre, définitivement, la question des exonérations et dérogations fiscales; le non-respect de la règle de l’ancrage budgétaire et les risques budgétaires encourus en cas de choc pétrolier; l’intérêt d’avoir reconduit la quasi-totalité des dépenses d’investissement non prioritairesn, en 2014 et ceux dont les contrats ne sont pas encore approuvés; l’engagement budgétaire concernant la réalisation de tous les travaux de construction des infrastructures relatives à l’organisation des Jeux africains; l’état d’avancement des travaux de construction des hôpitaux généraux et les indicateurs de performance associés à la réalisation desdits travaux; la planification en termes budgétaires de l’équipement et des ressources humaines nécessaires au fonctionnement des hôpitaux généraux; la réouverture du centre hospitalier de Talangaï, le niveau actuel de l’exécution de l’opération «Eau potable pour tous» et les critères de sélection des lieux d’implantation des forages d’eau, etc.

Répondant à toutes ces préoccupations, Gilbert Ondongo a fait savoir qu’en l’absence des crédits d’avance, le collectif budgétaire vient entériner ce qui a fait l’objet des avances sur les travaux. «Le collectif est élaboré dans le but de prévoir les crédits relatifs aux travaux d’hôpitaux, des forages et des Jeux africains», a-t-il précisé.

Faisant le point du niveau actuel de l’exécution de l’opération «Eau potable pour tous» dont le montant du marché est de 192 milliards 931 millions 200 cent mille francs Cfa échelonné sur trois années et des critères de sélection des lieux d’implantation des forages d’eau, le ministre des finances a estimé que le projet se réalise normalement. Sur 1200 forages prévus au titre de l’année 2014, 49 sont réalisés dans la Bouenza (Kaye, Loudima et Madingou), 39 dans la Cuvette (Boundji, Makoua, Owando et Oyo), 249 dans le Kouilou (Hinda, Madingo-Kayes, Mvouti), 57 dans la Lékoumou (Sibiti) et 23 dans le Niari (Louvakou).Les localités précitées ont été sélectionnées sur la base des données démographiques des villages, provenant du recensement du Ministère du plan de 2009. «Pour un village de 100 à 350 habitants: 1 forage; pour un village de 360 à 650 habitants: 2 forages et un village de plus de 660 habitants: 3 forages», a-t-il expliqué.

Quant à la réouverture de l’hôpital de Talangaï, Gilbert Ondongo a laissé entendre que le retard constaté est imputable aux problèmes techniques. «La réhabilitation de l’hôpital a été, pour le gouvernement, une occasion pour mettre en place certains services inexistants dans cet hôpital, notamment ceux de mammographie, radiologie et le scanner. Les délais d’importation des équipements justifient également le retard de cette non ouverture», a-t-il indiqué, en précisant que les efforts sont déployés pour sa réouverture avant 2015.

Plus étonnant, les parlementaires, dans leurs amendements, ont, purement, supprimé l’affectation de 3.000 millions de francs Cfa destinés à la construction du nouveau C.h.u.b, tel qu’annoncé par le chef de l’Etat, lors de son discours sur l’état de la nation, en 2013, ainsi que les lignes budgétaires de l’appui sur la gestion financière des projets de lutte contre le V.i.h-Sida. 

Par contre, d’autres projets ont vu leurs lignes augmenter ou diminuer. Il s’agit, par exemple, du projet de construction du Stade d’Ornano: 3.500 millions contre 3000 millions initialement prévus; la construction du gymnase de Ouenzé: 1000 millions au lieu de 2.000 millions initialement prévus; le fonds national foncière: 2.500 millions contre 2.000 millions initialement prévus; la construction, modernisation et équipement des hôpitaux de base de Makélékélé et de Talangaï: 4.670 millions contre 6.000 millions initialement prévus.

Par Jrang An@go.

mardi 19 août 2014

Ministère de la santé et de la population : L’O.m.s appuie la lutte contre la mortalité maternelle, néonatale et infanto-juvénile au Congo

Photo : François Ibovi recevant un échantillon du don des mains de Luis Gomes Sambo.

Dans le cadre du projet d’accélération de la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infanto-juvénile, par la revitalisation des districts sanitaires en République du Congo, l’O.m.s (Organisation mondiale de la santé), en partenariat avec l’Unicef et le Fnuap, a fait un don de médicaments, d’équipements et  consommables au Ministère de la santé et de la population.

Destiné à couvrir la période prénatale, l’accouchement, les soins essentiels du nouveau-né et la prise en charge des maladies de l’enfant, ce don, d’une valeur de 1.664.188.800 francs Cfa, a été remis par Luis Gomez Sambo, directeur régional de l’O.m.s-Afrique, à François Ibovi, ministre de la santé et de la population, lors d’une cérémonie, lundi 11 août 2014, à l’esplanade de l’ancienne Comeg (Congolaise de médicaments essentiels et génériques), en présence de Marie Franck Puruhence, conseillère du chef de l’Etat.

Conçu par le Ministère de la santé et de la population, en collaboration avec le Ministère du plan, le projet avait été initié à la faveur de la mise en œuvre de l’initiative 2012, année de la santé, en vue d’accélérer l’atteinte des O.m.d (Objectifs du millénaire pour le développement), en matière de santé.A travers ce projet, le gouvernement avait pris l’option de confier à l’O.m.s, l’Unicef et le Fnuap, la mission d’assurer un accompagnement étroit des districts sanitaires dans la mise en œuvre des interventions à haut impact, au bénéfice de la mère et de l’enfant.

Le projet d’accélération de la réduction de la mortalité maternelle, néonatale et infanto-juvénile par la revitalisation des districts sanitaires couvre l’ensemble des districts sanitaires, qui sont des unités opérationnelles de base et de planification de l’offre de soins et services de santé. Car, le développement sanitaire passe, inévitablement, selon les experts de la santé, par la mise en avant de ces districts sanitaires.

En prévision de la signature de l’accord de projet, l’O.m.s a procédé à l’acquisition de médicaments, équipements et fournitures techniques d’une valeur de 1.664.188.800 francs Cfa remis au ministre de la santé et de la population. Pour Luis Gomes Sambo, ce don est la contribution de son institution à la mise en œuvre de ce projet conjoint avec l’Unicef et le Fnuap. «La contribution de l’O.m.s est l’expression de notre engagement à accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre de ce projet», a expliqué le patron de l’O.m.s-Afrique qui a renouvelé l’engagement de son organisation pour une meilleure santé maternelle néonatale et infantile au Congo.

Par ailleurs, il a souhaité que les ressources mises à la disposition du service national de santé au Congo soient effectivement bien gérées et contribuent à améliorer les indicateurs de santé maternelle et infantile au Congo.

A son tour, le ministre François Ibovi a exprimé sa gratitude à l’endroit des trois agences onusiennes, pour leur action qui contribue au renforcement de l’offre de soins de santé au Congo. Il les a rassurés de ce que son département ministériel fera des efforts pour une bonne gestion du médicament, en vue de le rendre disponible et accessible partout. «La nouvelle organisation du Ministère contient, désormais, en son sein, la direction générale du médicament, de la pharmacie et de laboratoires. Cet effort se traduit aussi par la création en cours, d’une centrale d’achat par le législateur, en remplacement de la Comeg, qui a été dissoute, à cause de ses insuffisances», a-t-il souligné.

François Ibovi a annoncé la mise en place d’une structure transitoire dénommée: Comité de gestion des approvisionnements en produits de santé essentiels. Par la même occasion, il a attiré l’attention des responsables de cette structure. Pour lui, la gestion de ce don des médicaments constituera un test de leur savoir-faire.

Il sied de signaler que la contribution du gouvernement à la mise en œuvre de ce projet est évaluée à 24.048.860 dollars américains, soit 12.039.430.167 francs Cfa. Par contre, celle des agences du système des Nations unies est de 7.564.080 dollars américains, soit 3.706.399.200 francs Cfa, dont 3.467.080 dollars de l’O.m.s, 2.097.000 dollars de l’Unicef et 2.000.000 dollars du Fnuap.

Par Jrang An@go.

jeudi 14 août 2014

Message sur l’état de la nation 2014 : Denis Sassou Nguesso applaudi par les parlementaires

Photo : Le président Denis Sassou Nguesso.

Mardi 12 août 2014, le président de la République, Denis Sassou Nguesso, délivrait, devant les deux chambres du parlement réunies en congrès, sous la présidence de Justin Koumba, président de l’assemblée nationale, dans la salle des congrès du palais des congrès, à Brazzaville, son message sur l’état de la nation, conformément à l’article 85 de la Constitution du 20 janvier 2002.

Le président de la République s’est vite installé dans la posture de défendre son bilan. En effet, «Le Congo se transforme dans la stabilité. Tous ceux qui parcourent notre pays le reconnaissent. Jamais auparavant, nous n’avons construit, bâti et équipé notre territoire qu’en cette période. L’émergence vers laquelle nous cheminons n’est plus un rêve. Telle est, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, la situation générale du Congo, dont voici la revue circonstanciée que nous ouvrons par l’économie», a-t-il déclaré, comme dans une introduction.

Aussi, «Il n’y a d’action économique performante, de modernisation conséquente du pays, d’avancée sociale régulière, de politique extérieure efficace que si elles  sont soutenues et portées par un Etat organisé et stable. Je le répète: Il n’y a d’action économique performante, de modernisation conséquente du pays, d’avancée sociale régulière, de politique extérieure efficace que si elles  sont soutenues et portées par un Etat organisé et stable. Il n’y a de paix et de sécurité durablement établies que lorsqu’elles sont préservées par un Etat responsable. Il n’y a de démocratie véritable que dans un Etat impartial, l’Etat de droit qui, fort de son autorité, garantit les libertés fondamentales, le droit de suffrage, la séparation et l’équilibre des pouvoirs. 

C’est cet Etat que nous sommes en train de construire. Un Etat que nous voulons solide, avec suffisamment d’autorité, pour dominer les intérêts particuliers et partisans. Un Etat qui soit facteur de progrès. Un Etat qui assure la permanence de la nation et la nécessaire harmonie des institutions. Parce qu’elles sont la règle commune qui nous permet de vivre ensemble, les institutions doivent, non seulement, fonctionner en symbiose, mais, surtout, elles doivent puiser dans le peuple l’indispensable légitimité, afin de s’adapter aux temps et aux opportunités. 

C’est cette démocratie que nous sommes en train de bâtir. Démocratie que chacun de nous appelle de ses vœux: une démocratie apaisée, fraternelle où chaque citoyen exprime, librement, ses opinions; où les grands débats qui déterminent la vie de la nation sont tranchés par le peuple. Nous ne voulons pas de la démocratie de l’invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Mais, nous n’allons pas recommencer. 

Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons: ça suffit!».

Par Jrang An@go

mardi 5 août 2014

Visite de travail du président de la République aux Etats-Unis d’Amérique : Devant la presse américaine, Denis Sassou Nguesso a évoqué le débat constitutionnel

Photo : Le président Sassou-Nguesso au «National press club» de Washington.

En séjour de travail à Washington (Etats-Unis d’Amérique), depuis le 31 juillet dernier, le président de la République, Denis Sassou-Nguesso, a animé un déjeuner de presse, le vendredi 1er  août 2014, au «National press club» (Club de la presse nationale), sur le thème: «Paix et sécurité en Afrique centrale». Devant plusieurs journalistes et personnalités rassemblées, le président Sassou-Nguesso a appelé à une refondation des relations entre les États-Unis d’Amérique et l’Afrique et invité le gouvernement américain à prendre cinq mesures concrètes dans ce sens.

A la suite d’une question qui lui a été posée, le chef de l’Etat s’est aussi prononcé sur le débat constitutionnel qui a lieu dans son pays.

C’ est à 13 heure  locale, dans une salle comble que Denis Sassou-Nguesso s’est exprimé, en commençant son propos liminaire par l’évocation de l’actualité brûlante, à travers un monde en péril, mis à mal par des guerres et le bruit assourdissant des armes. Ensuite, le chef de l’État a dressé un tableau de la situation sécuritaire en Afrique centrale où, malgré des avancées notables, la paix est menacée par les situations, notamment en République Démocratique du Congo et en Centrafrique. Il a, également, évoqué  les menaces de la piraterie maritime et de terrorisme venant de la secte Boko Haram, au Nigeria, qui cherche à régionaliser ses razzias, en étendant ses tentacules vers le Cameroun, le Tchad et même aggraver la situation en République Centrafricaine. 

Le président de la République a rappelé le rôle du Congo en faveur de la préservation de la paix en Afrique. «Le Congo n’a jamais ménagé ses efforts dans la recherche de la paix, de la stabilité et de la sécurité en Afrique. Le Congo a toujours répondu, de façon positive, pour la promotion de la réconciliation», a-t-il rappelé, évoquant le rôle joué, naguère, par son pays, en Afrique du Sud, sous l’apartheid, au Darfour, au Sahel, dans la région des Grands-Lacs. Il a, également, parlé de la médiation internationale établie par l’Union africaine et les Nations unies en Centrafrique où le Congo a envoyé mille hommes pour participer aux forces de maintien de la paix.

Le président Sassou Nguesso a invité les pays occidentaux à tenir compte du caractère multifonctionnel du défi sécuritaire. «La notion de sécurité doit dépasser les questions de défense, pour s’intéresser à la viabilité même de nos États dont les premiers facteurs d’insécurité sont la pauvreté et l’injustice».Le chef de l’État a appelé les partenaires de l’Afrique à plus de patience, de réalisme et d’humilité dans l’appréciation des États du continent, ceux-ci devant faire face au défi simultané de l’État, de la nation, de la démocratie, de la bonne gouvernance et du droit. «Les soubresauts que nous vivons constituent l’enfance  d’une démocratie en cours de maturation». a-t-il dit. Il a rappelé que l’installation de la démocratie durable est un long et laborieux processus qui doit être initié par les peuples eux-mêmes, à leur rythme.

Denis Sassou Nguesso a, surtout, appelé à une refondation des relations entre les États-Unis d’Amérique et l’Afrique. Pour cela, il a fait cinq propositions concrètes à l’adresse du partenaire américain. Il a plaidé pour l’intensification de la formation et l’équipement des forces de défense africaines, afin que l’Afrique assure, elle-même, sa propre sécurité. Il a invité les États-Unis à accompagner les efforts d’intégration du continent ainsi qu’à intensifier les partenariats en matière d’éducation avec les États-Unis qui comptent les meilleures universités du monde. Il a encouragé les Etats-Unis à se déployer un peu plus dans l’espace économique africain devenu concurrentiel. «Le pays qui célèbre l’esprit de compétition doit faire avec la concurrence d’où qu’elle vienne».  

Le chef de l’État a donc saisi cette occasion pour inviter, solennellement, les Américains à travailler avec toute l’Afrique. Mais Denis Sassou-Nguesso a déploré le fait que le programme d’électrification «Power Africa» ne sera déployé, dans un premier temps, que dans six pays africains, tous anglophones. Enfin, il a encouragé les partenaires des deux côtés de l’Atlantique à se garder des préjugés, des simplifications abusives et des caricatures faciles, invitant ainsi les Américains à connaître l’Afrique.

Concernant le débat constitutionnel au Congo, Denis Sassou-Nguesso a précisé que l’objet du débat n’est pas tant de savoir s’il briguera ou non un nouveau mandat, mais, plutôt, de s’interroger sur  la Constitution actuelle «qui a atteint ses propres limites».  Le président de la République a rappelé que la volonté de changement de cette constitution devait être, avant tout, une émanation de la volonté du peuple et qui requière l’organisation d’un référendum. Une série d’interviews avec les médias internationaux a suivi cette grande communication au «National press club» de Washington. 

Valentin OKO
(Cabinet communication de la Présidence de la République) 

Par Jrang An@go.

mardi 29 juillet 2014

P.c.t (Parti congolais du travail) : Trois ans déjà, pour Pierre Ngolo et son équipe du secrétariat permanent

Photo : Les militants et sympathisants

Le P.c.t (Parti congolais du travail) a célébré, à travers un meeting en salle au palais des congrès, à Brazzaville, vendredi 25 juillet 2014, le troisième anniversaire marquant la clôture des travaux du 6ème congrès extraordinaire, tenu du 20 au 25 juillet 2011. C’était aussi le troisième anniversaire des membres du secrétariat permanent, depuis la mise en place de ce bureau dirigé par Pierre Ngolo, secrétaire général du P.c.t.

C’était en présence de quelques représentants des partis membres de la majorité présidentielle, des membres du bureau politique, du comité central, de la commission nationale de contrôle et de vérification du P.c.t, des militants et sympathisants, venus nombreux pour apporter leur soutien au parti, à la veille des élections locales que ce parti entend remporter.

Dans une salle archicomble, dominée par la couleur rouge, symbole du P.c.t, parti d’obédience social-démocrate, fondé le 31 décembre 1969 par le président Marien Ngouabi, et qui a été, jusqu’en 1990, le parti unique au Congo. Dans une ambiance festive,  Pierre Ngolo a dressé le bilan de son action. Dans la salle, quelques banderoles étaient affichées sur lesquelles, on pouvait lire: «P.c.t: la revitalisation en marche»; «Tous derrière le P.c.t pour la consolidation des acquis du 6ème congrès extraordinaire de notre parti». A l’extérieur de la salle, trois écrans plasmas retransmettaient la cérémonie, pour les militants et sympathisants installés sur le hall. Fanions à la main, foulards au cou, ils ont répondu massivement à l’appel de leur secrétaire général, qui a fait son entrée dans la salle à 15h30, sous les ovations de la foule, debout et très enthousiasmée.

C’est dans cette ambiance que Gabriel Ondongo, président de la fédération P.c.t de Brazzaville, est monté à la tribune, pour son allocution. «En dépit des manœuvres d’intimidations, des tentatives de déstabilisation et devant la diversité des acteurs, les membres du P.c.t du département de Brazzaville demeurent sereins, imperturbables et confirment leur confiance au président Denis Sassou-Nguesso, président du comité central du parti», a-t-il dit. Conscient du fait que le débat sur le changement de la constitution en cours dans le pays fait du chemin, dans un cadre, «non pas politique, mais aussi et surtout citoyen ou les voix s’élèvent jusqu’au fin fond de nos contrées, permettant aux paisibles citoyens de s’exprimer pour exiger le changement de la constitution», a-t-il fait savoir.

Après avoir esquissé quelques pas de danse, Pierre Ngolo est monté à la tribune, en faisant, d’abord, observer une minute de silence en mémoire de Paul Mikeleko, président du comité P.c.t de Sembé, décédé le 25 juillet, à l’aube. Le secrétaire général du P.c.t a salué la signature de l’accord de cessation des hostilités en Centrafrique, signé à Brazzaville. Il a estimé que cet accord est une grande victoire du président Denis Sassou Nguesso. «C’est une cerise sur le gâteau du 3ème anniversaire du 6ème congrès extraordinaire de notre parti», a-t-il précisé. 

Faisant le bilan de son action, le secrétaire général a évoqué la création de la F.m.c (Force montante congolaise), de l’O.f.c (Organisation des femmes du Congo), la construction du siège du parti. Il a laissé entendre que la campagne d’adhésion a vu accroitre les effectifs des membres du P.c.t qui sont passés de 238.712 à 512.113. Il a justifié le sens du slogan «Touche pas à mon président», en disant que c’est en réponse à la cabale lancée, selon lui, contre le président Denis Sassou Nguesso que son parti a rétorqué par cette campagne, pour le soutenir contre «les actes de déstabilisation des institutions et de diffamation».

Pierre Ngolo s’est indigné de voir un certain courant politique dans le pays qui en a fait la récupération. «Pendant que sonnait la campagne «Touche pas à mon président», une certaine opposition tente de manifester son existence, à travers le mot d’ordre: «Touche pas à ma Constitution», a signifié le secrétaire général du P.c.t. Qualifiant cette sortie de l’U.pa.d.s d’hasardeuse et de «faute grave de communication», Pierre Ngolo pense que les initiateurs de cette démarche se préoccupent peu du pays. «Le P.c.t constitue la dernière ceinture de sécurité du président qui n’est pas disposé à le noyer».

Sur le changement ou la révision de la Constitution, le secrétaire général du P.c.t a, simplement, rappelé ses propos du 6 avril 2014, lorsqu’il disait que «la Constitution n’est pas un dogme ni un sujet tabou». «C’est une question qui se pose et sur laquelle, en démocratie, chaque citoyen doit manifester sa liberté de pensée, de suggestion et d’entreprise», a fait savoir l’orateur, qui pense que son parti n’est pas allé plus loin dans ce débat. «C’est ce que nous avons dit et rien d’autre. De son côté, le président n’a aussi rien dit et entrepris», a dit Pierre Ngolo, qui préconise engager ce débat dans le sens des orientations qui seront dégagées, bientôt, par le bureau politique de son parti. 

Aussi a-t-il stigmatisé les propos intimidateurs de certains cadres politiques qui font sur Denis Sassou Nguesso de «faux procès de parjure et de haute trahison». Par conséquent, le P.c.t dit «non à la dictature et à toute tentative d’intimidation». Il dit «oui au dialogue et aux débats libres».

Par Jrang An@go.

samedi 26 juillet 2014

Forum sur la réconciliation nationale et le dialogue politique inter-centrafricain : Denis Sassou Nguesso profondément optimiste quant à l’avenir de la RCA

Photo : les différents acteurs signataires de l'accord de cessation des hostilités.

Les lampions du forum sur la réconciliation nationale et le dialogue politique inter-centrafricain se sont éteints à Brazzaville, le 23 juillet 2014, avec, à la clé, la signature d’un accord de cessation des hostilités, entre les différentes composantes centrafricaines. Après la clôture du forum, le président Denis Sassou Nguesso, médiateur international dans la crise centrafricaine, a animé, conjointement avec Mme Catherine Samba-Panza, présidente de transition centrafricaine, une conférence de presse pour expliquer le bien-fondé de l’accord signé à Brazzaville, et les aléas des négociations en période de crise. Le chef d’Etat congolais s’est montré très optimiste quant à l’avenir de la Centrafrique. Car, «nous avons posé le premier pas. Le chemin est encore long», a-t-il dit.

Au début, le président Sassou Nguesso s’en est pris à certains journalistes des médias internationaux et étrangers qui, avant les conclusions même du forum, prédisaient, déjà, son échec, au regard du comportement affiché par les membres de l’ex-coalition Seleka, qui avaient conditionné leur participation aux travaux en commissions, par l’acceptation de leur revendication sur la partition du pays. «Maintenant que vous avez assisté à la signature de cet accord et aux scènes émouvantes entre les belligérants qui s’embrassaient les uns et les autres et chantaient ensemble l’hymne national, je crois que c’est cela qu’il faut dire», a souligné Denis Sassou Nguesso. Par l’accord arraché au prix de moult péripéties, il a estimé que le but n’est pas encore atteint. «Nous avons, simplement, aujourd’hui, posé le premier pas. Le chemin est long. Nous allons poursuivre le travail et je reste optimiste. Je suis sûr que nous allons atteindre le but», a-t-il poursuivi.

Quant à la question de savoir s’il était déçu qu’un seul accord sur les trois prévus puisse être signé et qu’aucun engagement politique n’ait été pris sur le désarmement des groupes rebelles, le président Denis Sassou Nguesso pense que l’accord principal recherché est celui de faire cesser les hostilités. «A partir du moment où les belligérants arrêtent les violences, le mécanisme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion est, pour l’essentiel, la conséquence de cette division principale», a-t-il expliqué.

Evoquant le comportement des membres de la délégation de l’ex-coalition Séléka qui ont boycotté les travaux en commissions, le médiateur international pense que cela relève de ce genre de négociations où rien n’est gagné d’avance. «On ne rendre pas dans une salle et signer en une minute. Elles (les négociations) ont été difficiles», reconnait-il, avant de faire remarquer que cette attitude est normale, «le contraire aurait même surpris».

Toutefois, Denis Sassou Nguesso a demandé aux journalistes de rendre objectivement compte de ce qu’ils ont suivi. «Il ne faut pas penser que c’est facile. Quand les gens s’affrontent l’arme à la main, pour les ramener à un accord de paix, il faut beaucoup de travail et de patience», a-t-il signifié.Fort de cet accord de cessation des hostilités, le président congolais a dit faire confiance à la bonne foi des différents signataires.

Quant à savoir s’il doutait de cette bonne foi, il a répondu par une négation. «Vous me demandez de douter de la bonne foi des gens avec lesquels j’ai parlé pendant des heures, des nuits et des jours, pour pouvoir arriver à cet accord. Ils ont pris un engagement qu’ils doivent respecter», a souligné le conférencier. Le médiateur international a précisé que le programme de désarmement n’est qu’une disposition technique et non un accord politique. Car, «il faut mobiliser les ressources. C’est tout une organisation qui mérite d’être abordée avec beaucoup de méthode. C’est un processus qui doit prendre du temps».

Interrogé sur la durée de la transition qu’il faudra respecter, pour organiser des élections libres, transparentes et apaisées en Centrafrique, l’orateur a répondu que cette préoccupation n’était pas à l’ordre du jour des discussions. Néanmoins, il a laissé entendre qu’ils vont travailler, pour créer les conditions de déroulement des élections justes et transparentes, dans la paix, la réconciliation et la sécurité. Aussi, croit-il que si les gens ne peuvent pas circuler librement, en Centrafrique, il est hors de question d’organiser les élections, quelle que soit l’échéance de la transition. «La réalité du terrain nous indiquera comment faut-il marcher», a renchéri Denis Sassou Nguesso qui, par ailleurs, a parlé de l’expérience du Congo dans le retour de la paix.

Exprimant ses impressions, au terme du forum, Mme Catherine Samba-Panza a, d’abord, remercié le médiateur international, pour son implication personnelle dans la réussite de ce forum, ainsi que toute l’équipe de la médiation internationale qui l’a accompagnée dans ces négociations difficiles. «Dans toute négociation, les revendications sont toujours placées très haut. Ensuite, au fur et à mesure de la prise de conscience des acteurs sur l’intérêt national qui doit prévaloir sur leur intérêt particulier, nous sommes arrivés à une réconciliation véritable entre les filles et fils de la République Centrafricaine», a-t-elle fait savoir.

Pour elle, cette réconciliation emporte sa conviction. «Je me suis investie, personnellement, avec l’appui du médiateur international. Avec la volonté des uns et des autres, nous y sommes parvenus. Je ne peux que me réjouir des conclusions de ce forum. Il s’agit d’un premier pas et il reste encore beaucoup à faire et ensemble, quelles que soit les difficultés, nous allons les surmonter, parce qu’aujourd’hui, nous avons démontré notre volonté d’aller de l’avant, ensemble, la main dans la main», a précisé la présidente centrafricaine, visiblement émue.

Par Jrang An@go.