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mercredi 12 novembre 2014

28ème journée nationale de l’arbre : Le chef de l’Etat invite les Congolais à intérioriser l’intérêt du reboisement

Photo : Le président de la République

Planter un arbre est devenu un rituel pour le président de la République, Denis Sassou-Nguesso. Chaque année, depuis 1985, il a toujours fait ce geste destiné à contribuer à la lutte contre les changements climatiques. Le 6 novembre 2014, après avoir planté son arbre au village Olenga, à environ 15 km d’Oyo, le chef de l’Etat a livré à la presse nationale son constat sur l’application de la loi instituant la journée nationale de l’arbre au Congo. Voici l’intégralité de son interview. 

Denis Sassou Nguesso : «Ce serait prétentieux et peut être trop tôt, de dire que le peuple a compris l’intérêt de cette journée. Comme je l’avais dit, l’année dernière, il serait important qu’une vraie campagne de vulgarisation soit lancée par les médias. Lorsqu’on a traversé des villages [en arrivant au village Olenga], on a vu d’autres compatriotes qui sont débout dans leurs villages, je ne sais pas s’ils ont planté leurs arbres derrière leurs maisons; c’est ce qui est même permis. Ce n’est pas seulement un planting collectif, chacun peut planter un arbre à n’importe quel endroit de sa parcelle, parce que c’est une loi et nul n’est censé ignorer la loi: chaque Congolais doit planter un arbre d’essence fruitière ou forestière. Je ne suis pas encore sûr que cette orientation ait pris de l’effet sur le peuple, et même sur les cadres.

C’est, donc, un travail d’éducation, de sensibilisation et de mobilisation du peuple que nous devrons poursuivre. Par exemple, dans les grandes villes, aujourd’hui, (Pointe-Noire et Brazzaville), l’on observe une occupation anarchique des terres, avec de graves phénomènes d’érosion. J’ai suivi, ces derniers jours, des plaintes des populations, à  Brazzaville. 

Nous devrions concevoir un réel programme de reboisement pour stabiliser les terres autour de ces villes. Si vous prenez l’exemple de Brazzaville, les populations, avec le concours, peut-être inconscient, on peut même dire que c’est de l’incivisme de ceux qu’on appelle les propriétaires terriens, des cadres (parce que ces terrains sont occupés par des cadres civils et militaires). Les forêts qui stabilisaient le sol ont été enlevées. Le long de la Tsiemé, il y avait la forêt dans laquelle nous allions, tous, nous promener. Cette forêt  stabilisait le sol. Mais, nous l’avons enlevée et avons installé nos maisons sur des collines de sable. Nous avons provoqué des érosions, de graves érosions. Ces maisons sur des collines de sables seront, nécessairement, emportées par la pluie. Et, à chaque pluie, des maisons sont emportées, parce qu’elles sont placées là où les arbres retenaient l’érosion. Donc, il nous faut lancer un vaste programme de reboisement pour stabiliser les sols. 

Il y a, aussi, la zone qu’on appelait «Nganda Faignond» (qui était au milieu d’une brousse). Aujourd’hui, cette brousse n’existe plus. C’était, pourtant, une montagne de sable. Mais, les maisons qui ont été placées à cet endroit précis, seront emportées par les érosions, si nous ne stabilisons pas ces sols, en plantant des arbres, des bambous, etc.

A Pointe-Noire, la zone de Mont-Kamba, par exemple, était une zone de forêt d’eucalyptus et de pins, plantés comme nous le faisons ici. Des propriétaires fonciers ont fait couper cette forêt et ont distribué, anarchiquement, les sols. Si vous survolez cette zone, les érosions ont commencé. Là où il y avait les forêts, ce sont des maisons qu’on a placées; lesquelles sont menacées par les érosions. Là aussi, il va falloir que nous lancions un programme de reboisement. C’est à travers des opérations de ce genre que nous allons reconquérir ces sols. Non pas pour faire partir ces populations, certaines qui sont dans des ravins seront bien obligées de partir. Là où on peut laisser les populations, on les laissera, mais en plantant des arbres pour consolider les sols. Donc, je ne peux pas dire que le peuple, dans son ensemble, a totalement pris conscience de l’importance de la journée nationale de l’arbre. La presse devrait alors faire des réels programmes d’éducation et de mobilisation des citoyens».

Signalons que le site d’Olenga, où le président de la République et son épouse ont planté des arbres, le 6 novembre dernier, a une superficie de 6 hectares. Selon le directeur du S.n.r (Service national de reboisement), Lambert Imbalo, le S.n.r a prévu d’y planter plus de 4000 plants, dont des sapins et des eucalyptus. Cette dernière espèce est destinée à la production des huiles essentielles. Ce site est le quatrième qui reçoit cette espèce, après Pointe-Noire, Loudima et Ignié (45 km). Rappelons, aussi, qu’en 2013, le président de la République a fait le même geste sur le même site, où il a été planté une espèce locale appelée «Okouélé», en langue locale.

Par Jr LesCloches.

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