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samedi 1 décembre 2012

Santé : l'hôpital de base de Talangaï flambant neuf

Photos 1 et 2 : La façade et le bâtiment administratif.     Photo 3 : Une vue de l'intérieur de l'hôpital.
Photo 4 : Le directeur de l'hôpital et le responsable de la société chinoise.
Endommagé par les explosions des dépôts de munitions des casernes de Mpila le 4 mars, l'hôpital de base de Talangaï a fait peau neuve. Les Dépêches de Brazzaville se sont rendues sur les lieux pour toucher du doigt la réalité de ce qu'est devenue cette structure hospitalière
La tragédie du 4 mars n'a pas épargné l'hôpital de base de Talangaï, dans le sixième arrondissement, qui a été fortement endommagé. Conscient de ce qu'il représente pour la zone de Brazzaville, et surtout pour le centre hospitalier universitaire, le gouvernement a, à travers la délégation générale des Grands Travaux (DGGT), décidé de réhabiliter cette structure.
Plus qu'une réhabilitation, l'hôpital de Talangaï paraît une structure nouvellement construite. La réhabilitation des bâtiments faite par la société chinoise Beijing Construction Engineering Group est finie à 98%. Quant au volet équipement, c'est la DGGT qui a identifié les sociétés de la place habilitées à fournir des équipements médicaux. Ces sociétés sont déjà à pied d'œuvre. Elles ont travaillé avec la direction de l'hôpital, qui a exprimé les besoins de tous les services y compris ceux qui vont s'ajouter, à savoir la réanimation polyvalente, les maladies infectieuses, et autres. Elles ont passé les commandes de façon à ce que l'hôpital reçoive rapidement ces équipements.
Quatre sociétés travaillent pour la finalisation des équipements : EMES, Air Liquide, ACS et C. Dandres. Cette dernière travaille en sous-traitance dans le cadre de la climatisation spécialisée au niveau des blocs, de la maternité, de l'arrière polyvalente, et du scanner. Avec les nouvelles technologies, on n'utilise plus le même système de conditionnement, on utilise maintenant de petites centrales qui alimentent ces services spécialisés.
Mais avant cela, tout juste après le drame du 4 mars, une société australienne, Congo Iron SA, qui s'occupe de l'extraction du fer au niveau du département de la Sangha, a volé au secours à cet hôpital en mettant à sa disposition du matériel médical à hauteur de 50 millions FCFA. Un appel d'offres a été lancé aux fournisseurs congolais de matériel médical, à l'issue duquel la commission a retenu l'entreprise Comateg-Médical SARL pour fournir les équipements du bloc opératoire et du service gynécologique de cette structure sanitaire. Ce matériel médical est déjà arrivé, il ne reste plus qu'à l'installer. Notons que ce dernier, qui n'est pas complet au regard de la nouvelle technologie des blocs opératoires, équipe tout au moins partiellement le bloc. Le reste sera complété par la société EMES.
De nouveaux bâtiments et services
La réhabilitation de cet hôpital a permis de créer quelques bâtiments et services supplémentaires. Il s'agit de la façade principale, d'un bâtiment situé au fond de l'hôpital pour abriter les services spécialisés tels que la stomatologie, l'ORL, l'ophtalmologie, la réa-polyvalente, la médecine générale et le dépôt de pharmacie. Il y a eu aussi des réaménagements, là où étaient la radiologie, le scanner, la mammographie, au-dessous du bâtiment administratif.
La maternité a subi des modifications. Le bloc opératoire a été aménagé, et une grande salle de réveil a été créée. C'est ainsi que quatre nouvelles grandes salles de néonatologie ont été aménagées de même que deux salles d'hospitalisation, deux bureaux, et une grande salle de réchauffage pour les nouveau-nés.
Les agents de la direction générale du Trésor public qui travaillaient dans une structure très exiguë auront dorénavant une structure en bonne et due forme. Ils y seront avec les représentants de l'hôpital de Talangaï en matière de finances, car pour faire suite à la nouvelle politique du plan national du développement sanitaire, l'hôpital ne rétrocède plus de fonds au Trésor. Ce sont les agents de cette entité sur place qui dorénavant vont devoir gérer les recettes et les dépenses de l'hôpital.
La capacité d'accueil est passée de 237 à 309 lits, répartis comme suit : 48 lits pour la chirurgie ; 48 lits pour la médecine interne ; 27 lits pour l'unité de cardiologie ; 34 lits pour les maladies infectieuses ; 49 lits, soit 27 grands lits et 22 berceaux pour la pédiatrie ; 70 lits pour le service de gynéco-obstétrique ; 20 lits, dont 4 grands lits et 16 berceaux pour l'unité de néonatologie ; et 14 lits pour la réa-polyvalente. Ce qui donne un total de 309 lits, soit 271 grands lits et 38 berceaux.
L'inauguration n'aura pas lieu en 2012
En raison des finitions à réaliser, l'inauguration ne pourra avoir lieu que dans les trois ou quatre mois à venir. À ce propos, le directeur de l'hôpital, le docteur Jean-Louis Lengouango, médecin de santé publique, a déclaré : « Je tiens à préciser que ce n'est pas à cause de la rumeur selon laquelle les riverains du quartier Kanga-Bandzi veulent assiéger l'hôpital qu'il n'a pas été inauguré. Bien au contraire, leur souhait est de retrouver leur structure. Aujourd'hui il n'y a que le centre de santé intégré Marien-Ngouabi qui n'a pas été conçu pour recevoir autant de patients. Il en est de même pour les CSI Maman-Mboualé et Jane-Viale. Au CHU, les agents sont débordés. Les sages-femmes sont sur le pied de guerre, elles n'ont pas le temps de déjeuner. C'est difficile. »
Quant aux soins administrés aux patients, il se pose un réel problème du personnel qualifié. Certes il y a des écoles de médecine au Congo, mais le besoin en personnel se fait ressentir, les effectifs sont vieillissants et beaucoup partent à la retraite. C'est donc un problème national que le nouveau ministre est en train d'étudier.
Le serment d'Hippocrate mis en doute
Outre le manque du personnel médical qualifié, il se pose le problème de ce personnel sanitaire qui bafoue la culture professionnelle, battant en brèche le serment d'Hippocrate qu'ils ont prêté. Pour ne pas abandonner un malade à son triste sort, ils lui demandent de l'argent. Le personnel soignant et surtout les sages-femmes ont souvent maille à partir avec les femmes qui viennent accoucher.
Le directeur de l'hôpital de base de Talangaï a reconnu les faits, mais cela ne concerne pas tout le personnel. « C'est un problème de comportement et de culture. Nous avons un regard là-dessus, et si l'on surprend quelqu'un dans ces pratiques honteuses, les sanctions ne tardent pas à tomber. S'agissant de la gratuité des soins, nous étions parmi les hôpitaux qui respectent la mesure gouvernementale en ce qui concerne le paludisme et la césarienne. Mais si au niveau d'autres structures hospitalières ce problème se pose, il faut que les responsables y mettent fin. »
Le docteur Jean Louis Lengouango a également lancé un appel aux donateurs pour l'acquisition d'au moins deux ou trois véhicules de liaison pour cet hôpital. Après quoi, il a sollicité l'implication de la presse pour la conscientisation des populations afin qu'elles laissent en état de propreté ce bijou flambant neuf. Il a précisé que des mesures coercitives seraient prises afin d'entretenir la propreté dans cet hôpital. Parmi ces mesures, il y a la suspension du système des gardes-malades, à l'exemple de l'hôpital central des armées Pierre-Mobengo où le général de brigade Pascal Ibata a gagné le pari en supprimant ce système. Il promet lui aussi de se battre pour gagner ce pari.
À l'hôpital de base de Talangaï avant le drame, il y avait plus des visiteurs que des malades. À titre d'exemple, une femme qui va accoucher a derrière elle au moins cinq à six parents, ce qui n'est pas normal. Dorénavant cet hôpital n'admettra que le mari et au plus une femme. Il en est de même pour un malade hospitalisé en médecine générale, qui a derrière lui dix personnes allongées dans les couloirs. Tout cela n'est pas acceptable dans un hôpital. Il faut pour un malade grave au moins deux parents pour assister les médecins.
Enfin, il a sollicité du gouvernement la construction pour la zone nord de deux hôpitaux supplémentaires. Car, l'hôpital de base de Talangaï reçoit toute la population des arrondissements 5, 6, 7 et 9, notamment d'Ouenzé, de Talangaï, de Ngamakosso, de Mpila, du lycée Thomas-Sankara, de Nkombo, Massengo, Makambadilou, Ndjiri, de tout le long du fleuve. Ces hôpitaux viendront en complément non seulement l'hôpital de Talangaï, mais aussi du CHU qui est débordé.

Bruno Okokana                                                                                "Mes Quiz Cliquez ici" 

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