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samedi 26 juillet 2014

Forum sur la réconciliation nationale et le dialogue politique inter-centrafricain : Denis Sassou Nguesso profondément optimiste quant à l’avenir de la RCA

Photo : les différents acteurs signataires de l'accord de cessation des hostilités.

Les lampions du forum sur la réconciliation nationale et le dialogue politique inter-centrafricain se sont éteints à Brazzaville, le 23 juillet 2014, avec, à la clé, la signature d’un accord de cessation des hostilités, entre les différentes composantes centrafricaines. Après la clôture du forum, le président Denis Sassou Nguesso, médiateur international dans la crise centrafricaine, a animé, conjointement avec Mme Catherine Samba-Panza, présidente de transition centrafricaine, une conférence de presse pour expliquer le bien-fondé de l’accord signé à Brazzaville, et les aléas des négociations en période de crise. Le chef d’Etat congolais s’est montré très optimiste quant à l’avenir de la Centrafrique. Car, «nous avons posé le premier pas. Le chemin est encore long», a-t-il dit.

Au début, le président Sassou Nguesso s’en est pris à certains journalistes des médias internationaux et étrangers qui, avant les conclusions même du forum, prédisaient, déjà, son échec, au regard du comportement affiché par les membres de l’ex-coalition Seleka, qui avaient conditionné leur participation aux travaux en commissions, par l’acceptation de leur revendication sur la partition du pays. «Maintenant que vous avez assisté à la signature de cet accord et aux scènes émouvantes entre les belligérants qui s’embrassaient les uns et les autres et chantaient ensemble l’hymne national, je crois que c’est cela qu’il faut dire», a souligné Denis Sassou Nguesso. Par l’accord arraché au prix de moult péripéties, il a estimé que le but n’est pas encore atteint. «Nous avons, simplement, aujourd’hui, posé le premier pas. Le chemin est long. Nous allons poursuivre le travail et je reste optimiste. Je suis sûr que nous allons atteindre le but», a-t-il poursuivi.

Quant à la question de savoir s’il était déçu qu’un seul accord sur les trois prévus puisse être signé et qu’aucun engagement politique n’ait été pris sur le désarmement des groupes rebelles, le président Denis Sassou Nguesso pense que l’accord principal recherché est celui de faire cesser les hostilités. «A partir du moment où les belligérants arrêtent les violences, le mécanisme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion est, pour l’essentiel, la conséquence de cette division principale», a-t-il expliqué.

Evoquant le comportement des membres de la délégation de l’ex-coalition Séléka qui ont boycotté les travaux en commissions, le médiateur international pense que cela relève de ce genre de négociations où rien n’est gagné d’avance. «On ne rendre pas dans une salle et signer en une minute. Elles (les négociations) ont été difficiles», reconnait-il, avant de faire remarquer que cette attitude est normale, «le contraire aurait même surpris».

Toutefois, Denis Sassou Nguesso a demandé aux journalistes de rendre objectivement compte de ce qu’ils ont suivi. «Il ne faut pas penser que c’est facile. Quand les gens s’affrontent l’arme à la main, pour les ramener à un accord de paix, il faut beaucoup de travail et de patience», a-t-il signifié.Fort de cet accord de cessation des hostilités, le président congolais a dit faire confiance à la bonne foi des différents signataires.

Quant à savoir s’il doutait de cette bonne foi, il a répondu par une négation. «Vous me demandez de douter de la bonne foi des gens avec lesquels j’ai parlé pendant des heures, des nuits et des jours, pour pouvoir arriver à cet accord. Ils ont pris un engagement qu’ils doivent respecter», a souligné le conférencier. Le médiateur international a précisé que le programme de désarmement n’est qu’une disposition technique et non un accord politique. Car, «il faut mobiliser les ressources. C’est tout une organisation qui mérite d’être abordée avec beaucoup de méthode. C’est un processus qui doit prendre du temps».

Interrogé sur la durée de la transition qu’il faudra respecter, pour organiser des élections libres, transparentes et apaisées en Centrafrique, l’orateur a répondu que cette préoccupation n’était pas à l’ordre du jour des discussions. Néanmoins, il a laissé entendre qu’ils vont travailler, pour créer les conditions de déroulement des élections justes et transparentes, dans la paix, la réconciliation et la sécurité. Aussi, croit-il que si les gens ne peuvent pas circuler librement, en Centrafrique, il est hors de question d’organiser les élections, quelle que soit l’échéance de la transition. «La réalité du terrain nous indiquera comment faut-il marcher», a renchéri Denis Sassou Nguesso qui, par ailleurs, a parlé de l’expérience du Congo dans le retour de la paix.

Exprimant ses impressions, au terme du forum, Mme Catherine Samba-Panza a, d’abord, remercié le médiateur international, pour son implication personnelle dans la réussite de ce forum, ainsi que toute l’équipe de la médiation internationale qui l’a accompagnée dans ces négociations difficiles. «Dans toute négociation, les revendications sont toujours placées très haut. Ensuite, au fur et à mesure de la prise de conscience des acteurs sur l’intérêt national qui doit prévaloir sur leur intérêt particulier, nous sommes arrivés à une réconciliation véritable entre les filles et fils de la République Centrafricaine», a-t-elle fait savoir.

Pour elle, cette réconciliation emporte sa conviction. «Je me suis investie, personnellement, avec l’appui du médiateur international. Avec la volonté des uns et des autres, nous y sommes parvenus. Je ne peux que me réjouir des conclusions de ce forum. Il s’agit d’un premier pas et il reste encore beaucoup à faire et ensemble, quelles que soit les difficultés, nous allons les surmonter, parce qu’aujourd’hui, nous avons démontré notre volonté d’aller de l’avant, ensemble, la main dans la main», a précisé la présidente centrafricaine, visiblement émue.

Par Jrang An@go.

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