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mardi 17 juillet 2012

Santé : une diététicienne italienne veut sensibiliser les Congolais sur le diabète

Photo : Ilaria Sagnes

Devant la multiplication des cas de diabète, Ilaria Sagnes estime qu'il est temps de faire quelque chose. Sa campagne va démarrer dès la semaine prochaine à Pointe-Noire
« Beaucoup de personnes en Afrique meurent du diabète sans le savoir» C'est le constat amer que dresse la jeune diététicienne italienne Ilaria Sagnes. Dans le cadre du complément de son diplôme au doctorat, elle arrive la semaine prochaine à Pointe-Noire, porteuse d'un projet humanitaire engageant. Avec l'aide de la fondation de l'ENI, le géant pétrolier italien installé dans la capitale économique, elle veut engager la campagne de sensibilisation et de prévention de cette maladie. Dans un premier temps, et depuis l'hôpital de l'ENI à Pointe-Noire, elle va offrir le diagnostic aux malades et personnes saines de sexe masculin. Le but est surtout de poser le bon diagnostic, pour déterminer s'il s'agit bien du diabète de type 2. Car il existe différentes catégories de diabète.
Pourquoi seulement les garçons ? La diététicienne affirme qu'il s'agit d'une première étape. En outre, le diagnostic du diabète chez les filles pose problème, parce que les facteurs à prendre en compte sont nombreux. La mission d'IlariaSagnes durera 50 jours dans cette première phase. Elle vise surtout à poser les jalons d'une coopération avec l'aide de l'État congolais pour une plus longue et systématique campagne de sensibilisation. Prévenir le diabète, affirme-t-elle avec une grande force de dissuasion, c'est prévenir une foule d'autres maladies. Notamment les maladies des reins alors que le Congo et l'Afrique en général souffrent d'un réel manque d'appareils de dialyse. Hypertension artérielle et problèmes des yeux sont d'autres conséquences possibles du diabète.
« Le problème du diabète, c'est que de nombreuses personnes au Congo et en Afrique ignorent qu'elles en sont affectées. Beaucoup meurent en ignorant totalement leur mal ; ils n'ont jamais pensé à se faire faire un diagnostic sur leur taux de glycémie. Pourtant, il n'y a rien de plus facile que d'aller voir un médecin et de se faire contrôler son taux de glycémie, c'est-à-dire son taux de sucre dans le sang. Car le diabète survient lorsque le taux de glucose est élevé dans le sang. Pour les personnes qui sont prédisposées au diabète, on ne peut certainement rien faire, mais pour les diabétiques avérés ou même pour les personnes qui ne sont pas encore diabétiques, la prévention reste une mesure nécessaire », souligne Ilaria Sagnes.
Un grave problème de santé publique
Différentes études aujourd'hui, dont celles réalisées à Kinshasa, en RDC, montrent qu'il est plus que temps pour l'Afrique de prendre à bras-le-corps un problème d'aussi grave préoccupation publique. L'OMS, l'Organisation mondiale de la santé, tire la sonnette d'alarme. D'ici à l'horizon 2025, c'est-à-dire dans moins de quinze ans, le monde devrait assister à une véritable explosion des cas de diabète. Les hypothèses basses tablent sur un chiffre moyen de 300 millions de malades, dont la plupart seront des habitants des pays pauvres, et surtout africains. Il s'agit d'une épidémie qui va lourdement affecter le développement des nations car le diabète est une maladie dont on ne guérit pas, et dont les complications peuvent être nombreuses.
L'explosion du nombre des cas de diabétiques part d'un constat qui est aussi un véritable paradoxe pour le continent. L'Afrique, réputée lieu de la malnutrition et de la famine chroniques, est aussi là où l'on mange mal. Tous les produits ‘bourratifs' semblent y trouver grâce ; et sans jeu de mots, l'obésité y gagne en proportions. En plus des facteurs de prédisposition d'origine génétique, une mauvaise hygiène de vie fait également le lit de la maladie. « Au Congo et en Afrique où se comptent les consommateurs de bière les plus éprouvés, peu de gens savent qu'une exagération de cette boisson mais aussi du manioc et du foufou peuvent conduire le corps humain à se saturerde sucre », ajoute Ilaria Sagnes. Car il n'y a pas que le sucre contenu dans les sodas - les fameux « jus » du Congo, incontournables à chaque occasion de fête - qui sont nocifs !
Alors, en quoi pourrait consister la prévention ? D'abord dans une alimentation saine, conseille Ilaria Sagnes. Contrairement à l'idée reçue selon laquelle, pour suivre un régime de diabétique, il faut être riche, la diète à appliquer ici peut partir des produits les plus courants. Seront à privilégier le poisson et, surtout, tous types de légumes. Mais, ajoute-t-elle aussitôt, une alimentation équilibrée n'est rien si elle ne s'accompagne pas d'exercice physique. « Il faut faire du sport ! » Et dans les villes des deux Congo, le sport n'exige pas qu'on se réveille aux aurores pour un footing matinal. Il faut savoir que le sport le plus naturel en soi, sans même s'en rendre compte, c'est la marche. Privilégier les déplacements à pied, au lieu de se laisser aller à l'inaction, recommandent les médecins. Car la sédentarité est devenue l'alliée numéro un du diabétique-obèse dans les pays pauvres.
Par Jrang An@go.

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