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jeudi 12 décembre 2013

Sommet France-Afrique de l’Elysée (Paris-France) : L’esprit du héros Nelson Mandela, dans les questions de paix et de sécurité en Afrique

Photo : François Hollande prononçant son allocution

Le président français François Hollande avait vite fait de dédier, dès l’ouverture, vendredi 6 décembre, le sommet France-Afrique consacré à la paix et la sécurité en Afrique, à Nelson Mandela, qui venait de quitter ce monde, la veille, quelques heures seulement avant. «Le monde est en deuil (...) Il (Nelson Mandela) était déjà entré dans l’Histoire de son vivant. Mort, il prend place dans la conscience universelle», a dit le président français. Projection d’images sur Nelson Mandela, minute de silence… le retentissement planétaire du décès du père de l’Afrique du Sud multiraciale ne faisait que commencer… Ainsi, l’esprit du héros a sans doute insufflé ce sommet. 

En effet, la densité de la déclaration qui l’a sanctionné le samedi 7 décembre 2013, aussi bien sur la paix et la sécurité que sur «le partenariat économique et le développement», que sur «le changement climatique» en sera sans doute la preuve. Les 53 délégations de pays africains annoncées étaient là (à l’exception du Zimbabwe), dont une quarantaine de chefs d’Etat (parmi lesquels le Congolais Denis Sassou Nguesso) en plus des représentants des Nations unies, de l’Union africaine, de l’Union européenne, du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement.

«Les chefs d’Etat et de gouvernement ont réaffirmé leur attachement à la sécurité collective sur le continent africain et leur engagement à favoriser la paix et promouvoir les droits de l’homme, en conformité avec les buts et principes de la charte des Nations unies et de l’Acte constitutif de l’Union africaine. Ils ont appelé de leurs vœux le renforcement du dialogue stratégique entre l’Afrique et la France pour une vision commune des menaces. Ils ont affirmé que paix, sécurité, promotion et protection des droits de l’homme étaient indissociables et qu’une action rapide en cas d’atteintes graves aux droits de l’homme pouvait constituer un outil efficace dans la prévention des conflits», souligne la déclaration finale.

A cet effet, ils se sont engagés à mettre en place une nouvelle architecture africaine de paix et de sécurité qui passe par: la formation par la France de 20.000 soldats africains par an pendant cinq ans; la mise à disposition de conseillers politico-militaires à la C.e.d.e.a.o et à la C.e.e.a.c; l’aide à la rédaction de «Livres blancs». La Caric (Capacité africaine de réaction immédiate aux crises) bénéficiera d’un appui français à la création d’un état-major projetable (conception et équipement) et de conseil sur la mutualisation des capacités aériennes.

Les pays africains ont été appelés à ratifier le traité sur le commerce des armes par les pays africains pour lutter contre le phénomène de la dissémination des armes de guerre. Lors de la réunion du G8 en 2014, un débat de haut niveau aura lieu au conseil de sécurité sur le phénomène du trafic de drogue en Afrique de l’Ouest. En ce qui concerne la sécurité maritime dans le golfe de Guinée, la France va aider à la création d’un collège de formation sur l’action de l’Etat en mer en Afrique; tout comme elle va apporter son soutien à la mise en œuvre de la déclaration de Yaoundé.

L’autre champ qui a retenu l’attention des chefs d’Etat et de gouvernement est évidemment le terrorisme. Ils ont appuyé les efforts réalisés actuellement comme en France où la réflexion a été lancée sur la mise en place d’une stratégie nationale de prévention de la radicalisation (instruction donnée au premier ministre). En Afrique, l’effort va se traduire par le soutien à la lutte pour le contrôle des flux financiers du terrorisme (mobilisation nécessaire de l’Onu, d’Interpol, du Gafi).«Les chefs d’Etat et de gouvernement soutiennent l’appel qui leur est adressé par les premières dames réunies à l’occasion du sommet, pour dénoncer la persistance intolérable des violences sexuelles dans les conflits. Ils s’engagent à lutter contre l’impunité des auteurs de violences sexuelles et à mettre en œuvre des plans d’action nationaux, associant les organisations de la société civile, afin de mettre fin à ces violences conformément aux résolutions «Femmes, paix et sécurité» du Conseil de sécurité des Nations unies».

Dans le partenariat économique et le développement, les engagements sont aussi profonds. Outre la volonté de favoriser les investissements, les échanges (avec pour objectif du doublement des échanges franco-africains d’ici à 2020), d’encourager les flux d’échanges intellectuels, la France, par le biais de son agence spécialisée, l’A.f.d, s’est engagée pour près de 20 milliards d’euros de financement pour l’Afrique sur cinq ans, dans le domaine du développement.

François Hollande a beau appeler l’Afrique à prendre en charge sa sécurité, pour l’instant, le rôle de son armée sur le continent, sous l’encadrement des Nations unies, est inévitable. Pendant que se déroulait le sommet, le conseil de sécurité a donné son feu-vert à l’intervention de l’armée française en Centrafrique, pour désarmer les milices.

Par Jrang An@go.

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