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dimanche 15 avril 2012

Mali : Sidi Mohamed Ould Tafail : « Les populations désapprouvent la politique menée par les rebelles touareg »

Photo : Le conseiller auprès du Conseil islamique du Congo, le Mauritanien Sidi Mohamed Ould Tafail
Au lendemain de la prestation de serment du président intérimaire, Dioncounda Traoré, le conseiller auprès du Conseil islamique du Congo, de nationalité mauritanienne a donné, au cours d'un entretien avec les Dépêches de Brazzaville, son point de vue sur la situation actuelle au Mali, notamment en ce qui concerne l'éventuelle indépendance de l'Azawad, vaste zone désertique du nord où pullulent les groupes armés islamistes
Les Dépêches de Brazzaville : Est-il possible d'entrevoir l'indépendance de la partie nord du Mali?
Sidi Mohamed Ould Tafail : Non, il n'est pas possible de parler d'une éventuelle indépendance de cette partie du fait de la divergence d'opinion et de tensions qui prévalent au sujet de cette situation. Tout d'abord, le fait que le MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad) demande l'indépendance tout en optant pour la laïcité ne fait pas l'unanimité. Les rebelles touaregs qui forment ce mouvement entendent profiter des relations qu'ils ont avec les pays limitrophes, mais aussi avec certains États européens pour asseoir leur démarche.
Les autres factions rebelles qui opèrent dans cette partie ne voient pas les choses de la même manière. Ce sont le groupe salafiste et autres islamistes radicaux (Ansar Dine) dirigés par Ibrahim Ag pour les Touaregs, les groupes Tawhid et Djihad conduits par le Mauritanien Hamad Ould Mouhammad al Amîne ; ainsi que quelques groupes qui se réclament de Boko Haram et de Kataïb Oumarou Voti (peule).
Hormis les Ansar Dine, les autres groupes cités sont formés d'étrangers en provenance de Libye, d'Algérie, de Mauritanie, du Niger, du Nigeria, de Guinée Conakry, du Soudan et du Tchad. Tous réunis, les membres de ces groupes développent l'idée de la création d'un État islamique qui bannira la politique des frontières et des nationalités entre les États suscités. Tout ce qu'ils vont poser comme acte dans la partie qu'ils contrôleraient sera considéré comme une mise en pratique pure et simple de la charia islamique.
LDB : La politique menée par les groupes rebelles ne trouve-t-elle pas l'approbation des populations du pays ?
S.M.O.T : Le peuple malien dans son ensemble ne partage pas la vision des choses prônée par les insurgés. D'ailleurs, du point de vue religieux, c'est-à-dire de l'islam pratiqué dans la région, l'accession au pouvoir par les armes est inacceptable. Il est regrettable de constater que la prise du pouvoir par les armes, pourtant condamnée par tous les pays se disant musulmans, soit aujourd'hui admise sans que les États ne prennent une seule décision pour mettre un terme à une telle pratique.
LDB : La sécession du Mali n'entraînerait-elle pas une guerre civile ?
S.M.O.T : La situation est grave à l'heure actuelle, mais je ne crois pas qu'une guerre civile puisse opposer les régions du Sud et du Nord. Si les nouvelles autorités maliennes peuvent user d'une politique sage avec les dirigeants des pays voisins, tels que le Niger, l'Algérie et la Mauritanie, il y aura une forte chance d'aboutir à une solution négociée de sortie de crise.
Propos recueillis par Nestor N'Gampoula
                           Par Jrang An@go.

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