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vendredi 11 mai 2012

Crise bissau-guinéenne : une délégation de la Cédéao attendue sur place

La mission de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui est attendue le 11 mai à Bissau devra évoquer avec la junte militaire au pouvoir, les questions liées à la transition et au déploiement d'une force régionale
D'après le président nigérian, Goodluck Jonathan, chef du Groupe de contact ouest-africain sur la Guinée-Bissau, la délégation de la Cédéao conduite par le ministre ivoirien délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, et le ministre nigérian délégué aux Affaires étrangères, Mohamed Mourédine, devra parvenir à cette occasion, à une position qui permettra au pays de retourner à un ordre constitutionnel et démocratique normal.


Le 9 mai, le chef d'État du Nigeria et son homologue de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, ont, à l'issue de leur rencontre à Abidjan, la capitale ivoirienne, confirmé l'envoi d'une mission de la communauté sous-régionale en Guinée-Bissau. « Il s'agit de négocier pour le retour à l'ordre constitutionnel et de voir éventuellement la possibilité de la formation d'un nouveau gouvernement et éventuellement la question du déploiement des troupes de la Cédéao sur place », a fait savoir le ministre ivoirien des Affaires étrangères.


Après le putsch qui a mené les militaires à prendre le pouvoir, la transition politique en Guinée-Bissau, fixée à douze mois par la Cédéao, est actuellement bloquée en raison d'un désaccord sur la nomination d'un président intérimaire. Auparavant, lors d'un sommet de l'organisation sous-régionale tenu en mars à Dakar, au Sénégal, il avait été décidé qu'une force ouest-africaine serait déployée pour garantir le retrait de la mission angolaise (Missang) controversée et «assurer la sécurité de la transition », sans donner de délai. Cette force à laquelle pourraient contribuer la Côte d'Ivoire et le Nigeria, première puissance militaire de la sous-région, pourrait à terme être envoyée dans le nord du Mali, tombé aux mains de rebelles touaregs et surtout de groupes islamistes armés.

En attendant de savoir les conclusions de la mission de la Cédéao, la famille de Nino Vieira, ancien président bissau-guinéen assassiné il y a quatre ans par les militaires, veut que l'ex-Premier ministre, Carlos Gomes Junior, arrivé en tête du premier tour de l'élection présidentielle, reste à l'écart du pouvoir et à la disposition de la justice. En effet, l'avocat de la veuve du défunt chef de l'État a, dans un courrier adressé au président en exercice de la Cédéao, l'Ivoirien Alassane Ouattara, indiqué que des témoignages rassemblés pendant l'enquête, notamment ceux des auteurs présumés, décrivaient Carlos Gomes Junior comme le commanditaire de l'assassinat de Bernardo Nino Vieira.

« L'enquête dirigée par le procureur général Amin Saad, et l'audition des présumés auteurs de cet assassinat, ont révélé que l'ordre d'assassiner le président Joao Bernardo Nino Vieira aurait été donné par le Premier ministre, Carlos Gomes, qui prétend aujourd'hui vouloir diriger le pays », a expliqué l'avocat. En cherchant à rétablir l'ordre constitutionnel à Bissau, la communauté des États d'Afrique de l'Ouest ne doit pas permettre à Carlos Gomes Junior, l'ancien Premier ministre, de se soustraire à la justice, poursuit-il en mettant en garde la Cédéao de vouloir à tout prix rétablir l'ordre constitutionnel dans le pays.

L'avocat a, par ailleurs, demandé que la Cédéao prenne des dispositions qui s'imposent pour que Carlos Gomes Junior, actuellement réfugié en Côte d'Ivoire, ne puisse pas se rendre au Portugal ou ailleurs en Europe. « Cela risquerait de le mettre hors de portée des juges quand ceux-ci auront besoin de lui », a souligné l'avocat.

Maître Boucounta Diallo estime, en ce qui le concerne, que ces accusations ne font pas nécessairement de l'ancien Premier ministre le commanditaire réel de l'assassinat, malgré le fait qu'elles soient « suffisamment graves pour que celui-ci doive s'expliquer devant la justice ».


Par Jrang An@go.

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