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lundi 26 mars 2012

Léon-Gontran Damas : « Il avait trop à dire pour pouvoir le dire »

Photo 1 : A l'occasion du centenaire de la naissance de Léon Gontran-Damas, les participants ont rendu hommage à l'un des pères fondateurs de la négritude     Photo 2 : Pour Daniel Maximin, ici avec Jean-Luc Aka-Evy, Léon-Gontran Damas était l'incarnation même du poème     Photo 3 : Pour Eli Stephenson, Léon-Gontran Damas était avant tout un Africain


2012 est l'année des célébrations du centenaire de la naissance du poète guyanais Léon-Gontran Damas. Au cœur du salon du livre de Paris 2012, le stand Livres et Auteurs du bassin du Congo a rendu hommage à l'un des pères fondateurs de la négritude à travers la parole de Daniel Maximin, Daniel Delas, Élie Stephenson et de celle de Jean-Luc Aka Evy

La poésie de Damas célèbre sans cesse la liberté de vivre. De ce fait, le poète guyanais apparaît aux yeux de Daniel Maximin, qui connaît par cœur l'ensemble de ses poèmes, l'incarnation même du poème. Ainsi le romancier et essayiste martiniquais affirme que le poète guyanais a vécu entièrement par et pour la poésie à travers lequel il a traduit ses angoisses et ses espérances. Il avait peu de moyens pour tellement de douleurs. Son histoire montre combien sa parole et sa respiration ont a été empêchés : il devient muet à l'âge de six ans et meurt à soixante-six ans d'un cancer à la langue.


Il était dans le vœu de silence, mais à cause de son souci de médiation il est devenu un commis voyageur en passant sa vie à faire des anthologies et à explorer tous les recoins du monde noir pour ramener une parole et pour montrer une dignité de l'histoire. Ainsi sa poésie prend les choses mot à mot en plaçant le mot dans un écrin comme une pierre précieuse.

Après avoir évoqué le souvenir de sa rencontre avec Léon-Gontran Damas, Élie Stephenson, qui fut l'ancien président des étudiants guyanais à Paris, se réjouit de l'hommage que l'Afrique rend à Damas sur le stand du Bassin du Congo. Selon lui, Damas était avant tout un Africain. Il se définissait comme un Afro-Guyanais. Pour les Guyanais, la figure de Damas est un repère. Il est l'aîné qui a laissé un mot d'ordre de dignité et un sens très profond de la justice. Son mérite est aussi d'avoir proposé une poésie qui ne concerne pas que les nègres. Il reprend dans son œuvre les problématiques de la souffrance de tous les opprimés, y compris le prolétaire européen. Pour Daniel Delas, Léon-Gontran Damas est à part et mystérieux. S'il agace, c'est parce qu'il n'a pas de point de fixation et est insaisissable.


Damas à l'ombre de Césaire et Senghor ?

Le peu de visibilité de Damas, explique Élie Stephenson, étonne parce qu'il est le premier à avoir publié et à lancer un cri nouveau. Mais ces textes sont d'une poétique dérangeante. Sa parole dangereuse n'est pas acceptée par les tenants du système et son côté trublion va sans cesse poser problème. Cela dit, confie Daniel Maximin, sa fraternité avec Césaire et Senghor était au-delà des théories de la négritude. Ce qui le liait à ses compagnons était le désir de sortir du mutisme pour que chacun dise sa réalité. De ce fait, pour dire l'espérance de la fraternité ils osaient dire leurs malheurs propres.


                             Par Jrang An@go.

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