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jeudi 22 mars 2012

Sinistre du 4 mars : Dieudonné Tsokini plaide pour la création d'une cellule d'urgence médico-psychosociale

Le doyen de la faculté des lettres et des sciences humaines de l'université Marien-Ngouabi a fait cette proposition le 21 mars au cours de l'atelier de renforcement des capacités sur la prise en charge médico-psychologique des victimes du sinistre du 4 mars à Brazzaville

Dans son plaidoyer, Dieudonné Tsokini a rappelé les différents acteurs à leurs responsabilités en tant que gestionnaires de l'objet psychique, en l'occurrence le traumatisme, face à ce qu'il a qualifié d'actualité alarmante.
« Mon propos, a-t-il déclaré, se réfère à la dynamique événementielle du moment, événement tragique qui nous étreint tous, mais qui appelle un sursaut à la fois individuel, collectif et professionnalisant afin de réagir et surtout d'agir. C'est l'action qui est attendue de nous, par delà l'aide humanitaire très visible qui se déploie au jour le jour, destinée à faire face à l'urgence vu l'acuité et l'immensité de la blessure et de la souffrance subséquente ».

Devant l'urgence, Dieudonné Tsokini, en sa qualité de psychologue clinicien, pense que « l'anticipation oblige à répondre en faisant fi de l'exigence clinique classique du point de vue de la démarche, où la demande est au fondement de l'intervention psychologique ». Selon lui, « l'urgence appelle d'autres attitudes, d'autres réflexes, d'autres pratiques et techniques réarticulées en fonction de l'objet au nombre desquelles le trauma-counseling qui, à n'en point douter, constitue un outil tout à fait indiqué en cette circonstance. »
L'effroi dû à la soudaineté de lourdes détonations assourdissantes et la gravité des violences ont généré des traumatismes qui doivent être pansés et gérés pour une reconstruction psychique et morale de l'ensemble des populations directement et indirectement victimes, singulièrement celles se trouvant actuellement dans les différents sites, et ce, malgré la résilience que certaines peuvent manifester en fonction de leur personnalité.

Soulignant l'enjeu du moment et les attentes placées dans les psychologues par les pouvoirs publics et la communauté nationale tout entière, Dieudonné Tsokini a indiqué : « Nous avons le devoir de répondre par une technicité requise et non point hasardeuse, une technicité à laquelle nous devrons notre reconnaissance nationale par une réponse d'envergure à la dimension de la calamité humaine et sociale. »
Par ailleurs, il s'est dit confiant et rassuré au regard de la pertinence des outils d'interventions déclinés par les différents orateurs, dont la crédibilité et l'efficience ne souffrent aucune contestation, d'autant plus que leur validation a été faite sur la base de critères scientifiquement éprouvés.

En conclusion, le Pr Dieudonné Tsokini, conscient de la responsabilité qui incombe aux psychologues, a rappelé : « Nous devons mettre le meilleur de nous-mêmes pour que, à terme, la perspective de la création d'une cellule d'urgence médico-psychosociale puisse trouver un écho favorable auprès des décideurs et devenir une réalité vivante, crédible, respectable, devant jouir de toute la notoriété et légitimité institutionnelle qui lui serait dévolue en matière de gestion des crises et catastrophes. »

                             Par Jrang An@go.

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