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mercredi 22 février 2012

Paris : séminaire sur la réduction des coûts des transferts d'argent des migrants

Bercy, siège du ministère français de l'Économie et des Finances, a abrité la conférence le 21 février en présence de personnalités et d'institutions concernées par le sujet

Faciliter les transferts, réduire leurs coûts et optimiser leur impact sur le développement des pays d'origine ont été les points centraux du séminaire organisé par le Fonds africain de développement, le ministère français de l'Immigration et l'Agence française de développement (AFD). Près de deux cents personnalités venues de la Zone franc et du Maghreb y ont pris part, aux côtés de Henri de Raincourt, ministre français chargé de la Coopération ; de Kamal Elkheshen, vice-président de la Banque africaine de développement (BAD) ; Stéphane Fratacci, secrétaire général à l'Immigration et à l'intégration au ministère français de l'Intérieur, de l'outre-mer, des collectivités territoriales et de l'immigration ; Delphine d'Amarzit, chef de service des affaires multilatérales et du développement à la direction générale du Trésor français.

Henri de Raincourt a commencé par rappeler que la France a tenu les engagements pris lors du sommet du G20 en novembre 2011, précisant que le gouvernement français était « parfaitement mobilisé sur toutes ces questions ». Tout comme le vice-président de la BAD, il a montré l'importance des flux d'argent privé des diasporas vers leurs pays d'origine, qui permettent de soutenir la croissance des pays en développement. « Au même titre que l'aide au développement et les investissements directs étrangers, ils contribuent à renforcer la capacité d'épargne et d'investissement des pays bénéficiaires », a-t-il souligné, précisant que plus de 30 milliards d'euros avaient été transférés en 2010. C'est une source de financement extrêmement importante pour les pays africains, spécialement en période de crise. C'est également la deuxième source de recettes étrangères et, pour favoriser le développement de ces pays, il faudrait réduire le coût des transferts, ce qui permettrait aux familles de bénéficier de 2 milliards d'euros supplémentaires.

Stéphane Fratacci a montré l'enjeu de la réduction des coûts qui serait de « maximiser l'impact positif sur le développement. Le ministère français contribue à accompagner le développement des pays d'origine et à encourager au départ des migrants qui le souhaitent vers les pays d'origine. » Dans cette optique, a été mis au point un « programme solidaire » soutenant les migrants porteurs de projets économiques « à dimension locale » visant à créer des richesses dans les pays d'origine. Le ministère de l'Immigration propose trois axes pour réduire les coûts de transfert : développer les opérations qui encouragent la concurrence entre organismes de transferts d'argents via un nouveau site Internet permettant une comparaison de prix ; créer un fonds fiduciaire « migrations et développement » doté de près de 6 millions d'euros pour soutenir, notamment, la réforme du cadre réglementaire en matière de transferts d'argents internationaux ; favoriser l'émergence de produits financiers innovants, qui aident à l'investissement productif, à la création d'entreprises, à la construction de structures d'utilité publique et à l'organisation de séminaires.

Delphine Amarzit a ajouté que « les migrants ont la capacité de puiser dans leurs poches pour subvenir aux besoins de leurs familles lorsque l'État devient défaillant ». Elle a pris pour exemple la diaspora comorienne qui, en 2009, « a su compenser les insuffisances de l'État dans le paiement des salaires des fonctionnaires ».

Le rapport « Réduire les coûts des transferts d'argent des migrants et optimiser leur impact sur le développement : outils et produits financiers pour le Maghreb et la Zone franc », préparé par l'association Épargne sans frontière et cofinancé par la BAD et l'AFD, a été présenté à l'issue du séminaire. Les propositions du rapport portent sur l'amélioration de la bi-bancarisation dans les pays de résidence et les pays d'origine, la mise au point de produits financiers innovants, le soutien aux nouvelles technologies de paiement dématérialisé et l'adaptation des cadres réglementaires et législatifs.
Carmen Féviliyé
Pour en savoir plus : www.afd.fr

                               Par Jrang An@go.

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