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mercredi 25 janvier 2012

Affaires sociales : l'expérience des centres Songhaï prend corps au Congo

Photo 1 : Émilienne Raoul visitant le potager du centre Songhaï.   Photo 2 : Vue partielle des premiers bâtiments du centre. 


En vue de favoriser l'accès des démunis à l'entreprenariat rural, de vastes complexes multi domaines dédiés à la formation des jeunes et à la production et transformation des produits d'agriculture, d'élevage et de pisciculture sont en cours de réalisation au Congo

Après les nouveaux villages agricoles, voici les centres Songhaï. Réalisés par le Projet d'appui à la réinsertion socioéconomique des groupes défavorisés (Parsegd), ces centres sont inspirés de l'expérience béninoise où le centre Songhaï est basé à Porto-Novo.

Le premier d'entre eux au Congo a été visité le 21 janvier dernier par la ministre des Affaires sociales, de l'Action humanitaire et de la Solidarité, Émilienne Raoul. Il se trouve à Louvakou, le chef-lieu du district du même nom situé à 28 kilomètres de la ville de Dolisie, dans le département du Niari. Sur place se déploie une intense activité. Une étendue de 200 hectares est attribuée au projet qui entend y développer des activités d'élevage, de maraîchage, de pisciculture, et surtout la formation de potentiels entrepreneurs ouvriers agricoles.
 
Au total, 17 lots composent les marchés offerts pour la réalisation du complexe. Des appels d'offres ont été lancés, mais la Banque africaine de développement (BAD), partenaire financier du projet, et la partie congolaise n'ont été convaincus à ce jour que par trois propositions. D'où seulement trois lots qui sont en cours de finition. Ils préfigurent déjà la grandeur de l'ouvrage.
 
Une étendue de 38 hectares est mise en valeur depuis le mois de juillet 2011. La partie maçonnerie présente déjà de vastes bâtiments pour l'élevage des porcs, des aulacodes (sibissi) et des moutons qui touchent à leur achèvement. Ainsi que des dortoirs à raison de deux pour les filles et deux pour les garçons, quatre salles de formation, un bâtiment d'intendance et de contrôle qualité, un bâtiment de transformation des fruits et légumes, un abattoir, un réfectoire, ainsi que d'autres bâtiments abritant l'administration, les logements des responsables et la salle de conférence.

Par ailleurs, sur un hectare, les équipes à l'œuvre plantent depuis quelques mois, courgettes, carottes, choux, haricots verts, concombres, soja et poivrons qui poussent à l'envie. Une clientèle venue de Dolisie et même des grandes enseignes de Brazzaville frappent déjà aux portes, sans oublier les étangs déjà amorcés et qui n'attendent que leurs premiers alevins.

« Vous constatez bien que nous sommes sur une terre très fertile où les légumes poussent bien. Notre vision actuelle est de développer davantage nos activités, parce que la demande est importante », assure la coordonnatrice du centre, Adolphine Mitsipa. Elle ne s'est pas privée de souligner quelques manquements, en matière de logistique notamment. Même si plusieurs ouvrages de captage et d'adduction d'eau et d'électricité sont en cours d'installation.


Pour toutes les activités envisagées (maraîchage, pisciculture, transformation agroalimentaire, production mammifère, artisanat muni industrie, abattage et commercialisation, approvisionnement, etc.), des spécialistes ont déjà été formés à l'école du Songhaï béninois. Ce sont eux qui tiennent les premiers essais flatteurs sur le terrain. « Ces jeunes responsables et animateurs vont en encadrer d'autres qui seront recrutés parmi les plus défavorisés ; ceux qui n'ont aucun métier, mais qui ont la volonté de sortir de la précarité dans laquelle ils vivent », a martelé Émilienne Raoul.

La ministre a surtout insisté sur la particularité de ce projet destiné à faire des personnes démunies, les entrepreneurs agricoles de demain. Les circonscriptions d'action sociale sont mises à contribution pour le choix des bénéficiaires de ce projet qui, rappelons-le, appuie également les bénéficiaires dans le financement de leurs projets. Le centre Songhaï de Louvakou est déjà financé à près de 605 millions de FCFA par la BAD, à la faveur des trois premiers lots exécutés ; en attendant l'attribution des marchés qui suivront.
 
Pour la partie nord du Congo, une expérience similaire se met en place au village Otsendé, à mi-parcours entre Oyo et Owando sur la Route nationale 2. Le ministère des Affaires sociales, tutelle du Parsegd, entend par la suite passer le témoin à d'autres institutions qui poursuivront la gestion des centres Songhaï. « Notre travail consiste seulement à mobiliser les fonds pour appuyer les projets des personnes en difficulté. Et chacun dans ses compétences (les départements ministériels, ndlr) vient travailler dans le cadre du projet », a précisé la ministre.
 
À Louvakou, le projet Songhaï a visiblement suscité un accueil enthousiaste. « Nous encourageons ces initiatives et c'est pour cela que nous cédons les terres gratuitement. Après tout c'est le district qui en tire le plus grand profit. Déjà, tous les jeunes qui travaillent comme manœuvres dans les sociétés qui construisent le centre, sont des enfants de Louvakou », s'est réjoui le sous-préfet de ce district, Charles Fromageond. Le district de Louvakou abrite également la société Congo Agriculture, mise en place par les fermiers sud-africains à Mololo 2, une localité située à une vingtaine de kilomètres du chef-lieu du district.
Reportage de Thierry Noungou 

                                 Par Jrang An@go.

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