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mardi 31 janvier 2012

Union africaine : « L'Afrique n'était pas divisée mais a exprimé la démocratie », estime Denis Sassou N'Guesso

Photo : Le président Denis Sassou N'Guesso de retour du 18e sommet de l'UA.  



De retour d'Addis-Abeba, en Ethiopie, où il a participé au 18e sommet de l'UA tenu du 29 au 30 janvier, le chef de l'État congolais s'est prêté aux questions des journalistes. Il a édifié l'opinion sur les conclusions de cette grand-messe. Il a souligné que le fait de n'avoir pas pu départager les deux candidats en lice au poste de président de la commission, ne signifiait pas que l'Afrique était divisée.

Les Dépêches de Brazzaville : Ces derniers temps, presque tous les discours dans les instances internationales parlent de position commune africaine. Un tel idéal est-il à la portée d'un continent qui se divise rien que sur l'élection d'un président de commission ?

Denis Sassou N'Guesso : Il y avait deux candidats pour la présidence de la commission. Les règles de désignation stipulent que le président de la commission doit être élu à une majorité qualifiée de 2/3. Après avoir procédé à plusieurs tours de scrutin, l'on n'est pas parvenu à départager Jean Ping et la Sud-Africaine Nkosazana Dlamni-Zuma. Le texte prévoit dans ce cas de suspendre le scrutin pour le reprendre à la prochaine occasion. Ces règles pourront changer mais pour l'instant elles sont strictes puisqu'aucun candidat n'a atteint la majorité souhaitée. En réalité, il n'y a pas eu division du continent.

LDB : Vous dites qu'il n'y a pas eu division, mais que s'est-il réellement passé dans votre huis clos, pour que le continent offre au monde ce triste spectacle ?

D.S.N : Non ! Le continent n'était pas divisé sur l'élection du président de la commission. Il s'agissait d'exprimer les règles de la démocratie. Comme dans toute élection, il y a des opinions qui peuvent être pour ou contre. Je ne vois pas comment on pourrait faire la démocratie et chercher toujours à avoir l'unanimité. Nous recherchons l'unité de l'Afrique, mais ce n'est pas toujours dans l'unanimité en permanence. Nous avons certes besoin de parler d'une seule voix mais toujours à travers des débats avant d'obtenir le consensus. C'est dire qu'il n'y avait pas division mais simplement des points de vue opposés ou des divergences sur un sujet. Malgré cela, nous nous sommes séparés toujours unis au sein de l'organisation.

LDB : Au regard de l'importance prise par l'élection du président de la commission, le thème du sommet a-t-il bénéficié de toute l'attention requise, pour envisager des actions souhaitées ?

D.S.N : Le sommet a commencé les débats autour du thème « Promouvoir le commerce intra-africain ». On a constaté que dans le commerce général, le commerce intra-africain ne représentait que 10% alors que le commerce intra-européen par exemple est estimé à 60%, celui de l'Amérique à 40% et le commerce entre les pays d'Asie à 30%. Quant au commerce général de l'Afrique avec le reste du monde, il ne représente que 3%. Au regard de ce constat, il fallait réfléchir sur les causes fondamentales.

Le thème du sommet était très important parce que l'Afrique ne peut pas se développer sans entretenir le commerce alors qu'elle compte actuellement un milliard d'habitants, donc de consommateurs. On a constaté que parmi les facteurs qui gênent le développement, figurent le manque de volonté politique d'intégration, et le grave problème de l'absence d'infrastructures de base et de compétitivité dans la production. Du reste, obtenir la libre circulation des personnes et des biens est un combat que nous menons déjà dans notre sous-région à travers la CEMAC et la CEEAC.

LDB : Au cours des assises d'Addis-Abeba, vous avez rendu compte à vos pairs, du niveau de préparation de l'Afrique à Rio+20. Que peut-on retenir de votre communication ?

D.S.N : Nous avons reçu de la part de nos pairs, au sommet de Malabo, de coordonner la position de l'Afrique à Rio+20 de manière à ce que l'Afrique parle d'une seule voix à cette occasion. Nous avons constaté que lorsque l'Afrique avait parlé d'une seule voix sur les problèmes de climat à Copenhague, à Cancun et à Durban, cela avait eu une portée significative. Pour ce faire, nous préparons la position de l'Afrique pour qu'il en soit de même lors des prochaines assises. En dehors de la Déclaration commune du continent, nous devons faire en sorte que soit accepté le principe de création d'une institution spécialisée des Nations unies qui aura son siège en Afrique.
Propos recueillis par Nestor N'Gampoula

                              Par Jrang An@go.

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