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jeudi 19 janvier 2012

Le chef de l'État reçoit le Comité national du dialogue social

Outre l'occasion d'échanger les civilités d'usage pour la nouvelle année, l'audience accordée par le président de la République aux membres du Comité national du dialogue social* le 17 janvier, au Palais du peuple, a donné lieu à de nouveaux engagements par les partenaires sociaux et au renouvellement des siens par le chef de l'État

Pour le ministre d'État Florent Tsiba, président du comité et le premier à prendre la parole, l'organe qu'il dirige a, au cours de l'année écoulée, privilégié la concertation permanente avec les différents partenaires, ce qui a permis, a-t-il souligné, de prolonger la trêve sociale et de préserver le climat de quiétude sur les lieux de travail. Il s'est engagé, au nom du comité, à poursuivre sur la même voie cette année.

Florent Tsiba a par ailleurs salué les décisions « salutaires » prises par le gouvernement en faveur du monde du travail et de la population : une allusion aux mesures de gratuité dans plusieurs secteurs et aux annonces contenues dans le message de vœux du président de la République à l'occasion de la nouvelle année 2012. Celles-ci portent, entre autres, sur l'augmentation de 10% du salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig), le paiement des arriérés des pensions et le relèvement de la bourse des étudiants. À ce titre, a déclaré le ministre, la récente grève dans l'école publique, accompagnée d'actes de violence contre les élèves, a été un mauvais exemple. Il a appelé les responsables syndicaux à l'origine de mouvement - déclenché, a-t-il précisé, alors que les négociations entre partenaires n'étaient pas rompues - de revenir à de meilleurs sentiments.

À son tour, le président de la République a noté que le travail accompli par le comité avait permis au Congo d'avancer : « Grâce à votre sens des responsabilités et du devoir, nous avons traversé une période difficile dans une certaine cohésion sociale ; nous avons remis notre pays sur les rails, et aujourd'hui, le Congo a retrouvé la voie de la croissance et du développement », a-t-il déclaré.

Denis Sassou N'Guesso a fait un rappel des événements du début de la décennie 1990, qui virent, a-t-il expliqué, les syndicats absorbés par le discours politique pour servir non pas la défense des intérêts des travailleurs, mais formuler des promesses qui ne pouvaient être tenues. Ces derniers se mirent alors à « détruire leur propre outil de travail, notamment l'ensemble du secteur économique d'État, oubliant que même à cette époque, les travailleurs et l'État étaient dans une sorte de contrat. Nous étions dans un système de trilogie qui prônait la codétermination, la cogestion et la coresponsabilité », a-t-il commenté. Depuis la faillite du secteur économique public, l'État est resté seul à répondre quand bien même les travailleurs avaient, eux aussi, leur part de responsabilité dans cet échec, a indiqué le président de la République.

Revenant à plusieurs reprises sur la volonté qui doit incomber à tous d'obtenir la paix sociale par le dialogue, le président Denis Sassou N'Guesso a salué les résultats de la concertation politique tenue la fin de l'année dernière à Ewo. « Sur le plan social comme sur le plan politique, il nous faut dialoguer, toujours dialoguer », a-t-il répété, avant d'évoquer la grève des enseignants, estimant que les syndicats ayant appelé à la grève alors qu'il n'y avait du côté des autres partenaires, en particulier le gouvernement, aucune démarche contraire à la poursuite de la concertation, étaient « dans l'erreur ».

« La liberté syndicale ne signifie pas qu'il faut empêcher les autres travailleurs qui ne font pas affiliés au syndicat en grève d'aller au travail », a ajouté le président de la République.

Au passage, le chef de l'État s'en est pris aux lourdeurs bureaucratiques des procédures dans les administrations publiques, qui sont autant de mécanismes de corruption, considérant que les mesures de gratuité annoncées en faveur de la population et des travailleurs en souffriraient tant que ce poids n'était pas dénoncé. « On dit qu'il y a impunité : comment sanctionner quelqu'un soupçonné d'avoir commis des fautes, mais qui n'est pas dénoncé ? », s'est interrogé le président de la République, qui a déclaré dans le même temps que les décisions sur les gratuités avaient été mûrement réfléchies, prises par lui en toute responsabilité, et qu'elles seraient appliquées à la lettre.

Le chef de l'État a achevé son entretien avec les membres du Comité national du dialogue social par une invite solennelle à perpétuer le contact permanent avec tous les partenaires. Pour Denis Sassou N'Guesso, « la sagesse africaine du dialogue de tous les instants est une valeur démocratique respectable que l'on devait partager avec les autres peuples du monde. » 

*Crée en décembre 2010 pour prolonger la trêve sociale en cours depuis la fin de la guerre du 5 juin 1997, le Comité national du dialogue social est une instance de concertation entre les partenaires sociaux et le gouvernement.

                         Par Jrang An@go.

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